Tu crois qu'un jour on sera libre, comme avant ?

 


(Hanz zimmer - Run free - Spirit, l'étalon des plaines.)

 

« WANTED
MYSTERY
1 000 000 000 $ »

 Il avait posé la feuille violement sur la table faites en bois d’ébène faisant sursauter chaque personne assise autour du meuble rectangulaire. L’homme qui venait d’entrer était en colère, tous pouvaient le sentir et tous se sentaient honteux de leur échec. L’homme s’approcha de la petite fenêtre au fond de salle sombre et observa le paysage à travers les grilles noires tout en tirant sur sa moustache, signe de réflexion. Il attendait une réaction de ses hommes.
Un premier osa se pencher sur la feuille pour mieux voir la photo. Elle avait de longs cheveux noirs ondulés qui lui cachait une partie du visage ainsi que ses yeux. Sa bouche entrouverte formait une mimique d’étonnement. Une main à terre, l’autre en arrière, elle donnait l’image d’un félin prêt à attaquer. Ses habits étaient déchirés, usés par le temps. Son haut salit et qui ne couvrait plus son bras droit ni une partie de son ventre était de la couleur de son milieu : marron et vert. Elle portait également un mini short noir qui devait être un pantalon autrefois. Des bandages entouraient son poignet et sa cheville droite.
Le premier homme déglutit en reconnaissant ces bandages.
« C’est bien Mystery… »
Le moustachu frappa le mur noir avec son poing pour dégager sa colère.
« Bien sûr que c’est elle ! Hurla-t-il en se retournant vers Allen qui sursauta et se remis à sa place. »
Il s’approcha de la grande table et observa chacun de ses hommes qui remirent tous correctement leur grande capuche noire sur leurs yeux. L’homme à la moustache montra du doigt la petite feuille.
« Vous voyez ça ? Ça devient trop dangereux !
- De toute façon, qui serait assez fou pour essayer d’attraper cette fille ? Demanda Loyd, tout innocent.
- Tous les hommes ! Regardez comme elle est belle ! Tous les hommes la veulent. »
L’homme à la moustache cessa faire gigoter la feuille de recherche et la reposa sur la grande table. Il respira à fond pour essayer de se calmer. Les dix autres personnes soupirèrent. Le moustachu avait raison et ils le savaient. Ça devenait trop dangereux. Mystery ne devait pas être trouvée, encore moins attrapée. Heureusement, elle s’était chargée elle-même du photographe qui l’avait prise en photo mais sans qu’on ne sache comment, la photo avait réussi a venir jusqu’en ville.
De plus, le prix de la récompense était bien trop élevé aux yeux des « Hommes Noirs ». Ces derniers ne savaient délibérément plus quoi faire. Ils n’avaient aucun contrôle sur la situation.
Soudain deux autres hommes entrèrent ; un soldat étrange accompagné d’un pêcheur. Surpris, le moustachu n’eut pas le temps de remettre sa grande capuche noire sur son visage. Il s’approcha des deux hommes, pensif. Le pêcheur, en voyant le visage de l’homme à la moustache resta tétanisé.
« Qu’y a-t-il ?
- Il dit avoir vu des dragons.
- Oui, oui. Commença le pêcheur, tout tremblant. J’étais en mer et là, deux dragons ! Ils se battaient, ils s’entretuaient ! Cria-t-il d’un accent étranger.
- Comment étaient ces dragons ? Répondit le moustachu calmement, essayant de ne pas montrer son anxiété.
- Noirs et immense ! Je n’en ai jamais vu de si énormes !
- Bien. Tué-le. Ordonna l’homme à la moustache. »
Le pêcheur n’eut pas le temps de comprendre la phrase qu’une lame lui transperça le cœur à cinq reprises. Il avait malheureusement pour lui compris qui était le moustachu. Le soldat rangea son épée et repartit avec le cadavre.
Tournant autour de la table, il remis correctement sa capuche noire sur la tête et expira longuement. Il fallait qu’il se calme.
« Sir Ernando…
- Voilà ce qui arrive quand on n’est pas fichu de garder une putain de fille ! Hurla soudain Ernando en abattant son poing sur la table. »
Les dix hommes sursautèrent à nouveau. Le roi s’assit dans la grande chaise en bois  noir posée en bout de table et ne dit plus rien.
Ils étaient anxieux pour Ernando. Il était trop sur les nerfs depuis quelques temps. Ses statuts de roi et chef du clan des Hommes Noirs étaient trop de pression pour lui. Cacher cette dernière identité était déjà dur mais en plus il devait subir les révolutions de la population et Mystery. Depuis quelques mois, il n’avait plus aucun pouvoir sur le peuple sinon, Ernando n’aurait jamais permit cet avis de recherche. Et maintenant, il devait gérer la présence des dragons.
Ceux-ci étaient le symbole de malchance. Plus ils étaient imposants, plus le malheur serait grand. De plus si ceux-ci se battaient et même, s’entretuaient cela voulait dire bien plus que leur taille. Enfin, plus leur couleur était foncée, plus le massacre serait grand. Le pire dans cette histoire c’était que c’était Mystery qui les contrôlait.
Ernando savait tout ceci ainsi que les autres et il était vraiment inquiet. Il devait en plus surveiller ses arrières, assurer sa garde autour de lui. Le peuple n’en pouvait plus de ce roi et il sentait qu’on voulait le tuer.
« Rassemblez tous les soldats de la ville sauf ceux appartenant à notre guilde. Ordonna soudain Ernando en se levant. Faites venir tous les cavaliers du pays, engagés des archers, des mages et trouver moi cette fille !
- Monsieur, cela ne va pas être possible… Expliqua timidement Erwan, le nouveau venu.
- Et pourquoi ?! Cria le roi.
- Les mages…
- Les mages sont partis à la recherche du diamant d’Akhal. Continua Jerry quand il vit qu’Erwan n’arriverait pas à finir sa phrase tant il était intimidé par Ernando.
- Le diamant d’Akhal ? Demanda-t-il en s’asseyant.
- Oui, Akhal le dragon titanesque qui vit un peu partout dans le pays. Expliqua tranquillement Jerry.
- Merci je sais qui est Akhal, mais pourquoi les mages veulent son diamant ?
- Il contient un pouvoir magique surpuissant qui pourrait rendre n’importe quel mage invincible.
- Bien… Et pour les archers ? C’est bon, non ?
- Les archers sont en Dérmanie pour la guerre que vous avez déclarée, de même pour les cavaliers et les soldats.
- J’avais oublié… »
Le roi Ernando se tint la tête, il ne savait que faire. Cette fille pouvait être partout et il devait la trouver avant les autres. Il ne songea même pas à dissuader le peuple de se mettre à la recherche de cette fille, personne ne l’écouterait. Il ne pouvait pas quitter son château, et personne ne pouvait l’aider à retrouver Mystery.
Personne ? Il se leva brutalement et sortit de la salle sombre très rapidement sous les yeux interrogateurs des dix Hommes Noirs puis se dirigea vers la partie secrète de son palais d’un pas décidé.
« J’ai encore une solution. »  Pensa-t-il.

 La guerre, la paix, la liberté, la tristesse, la joie, la mélancolie, la peur, le désespoir, l’espoir, la foi, la croyance, le soulagement, la pauvreté, la misère, la richesse, le bien-être, la paresse, le courage, la curiosité, le manque, la soif, la faim. Toutes ses choses, tous ses sentiments passaient et repassaient dans l’esprit du guerrier qui défendaient son pays et qui allaient mourir à cause d’un conflit entre deux rois trop ambitieux. Il pensait à sa femme et à ses enfants qu’il revoyait dans sa tête. Les images défilaient devant ses yeux, il entendait des rires et des paroles d’amour réconfortantes. Il pensait également que malgré la misère financière dans laquelle il a été, il s’était senti heureux toute sa vie. Un innocent allait mourir. Des milliers d’innocents mourraient. Des milliers d’innocents tuaient pour survivre puis mourir pour un sale con. Le guerrier, alors blessé au bras gauche, était enragé en pensant qu’il se battait pour rien. Dans un dernier élan de courage, il planta son épée dans la tête de son adversaire qui fit la même chose au même moment. Une dernière image passa dans la tête du guerrier : celle de sa famille qui lui souriait. Une larme coula sur sa joue puis le corps alors sans vie s’écrasa par terre, entraîné par l’épée. 


Aussi libre que l’air, aussi fier qu’une rivière il volait dans les cieux, au-dessus d’un canyon impressionnant. Il était sans lois et seul maître de ses frontières, jamais personne ne pourrait l’emprisonner. Descendant dans le canyon, il frôlait de ses membres l’eau du torrent fou. Criant sa liberté, sa voix résonna dans le creux créé par les montagnes. Un coup d’aile et le voilà qu’il remontait, évitant la falaise un peu trop avancée, traversant les nuages aussi blanc que de la neige. Il prit majestueusement un courant d’air en tourbillonnant sur lui-même et se dirigea vers le nord. Aussi silencieux et agile qu’un félin, il arriva vite à une grande ville. La survolant, il put apercevoir une masse de personne devant l’immense palais royal. Son imposant corps pourrait écraser ce bâtiment comme un vulgaire château de cartes. Fier de sa puissance il hurla à nouveau sa joie et d’un coup d’aile, il prit une impressionnante accélération pour disparaître dans de gigantesques nuages aussi noirs et inquiétants que lui.

C’était le jour du grand marché annuel. Le soleil était haut dans le ciel mais il ne chauffait pas beaucoup. On sentait l’automne arriver. Sur la grande place, non loin de l’immense palais royal, des centaines d’hommes et de femmes venant de tout le pays essayaient de vendre leurs marchandises en criant que leurs tomates étaient fraîches ou que leurs tissus étaient les plus doux. Au centre de l’énorme cercle, une fontaine géante s’imposait. C’était la statue représentative d’Akhal, le dragon protecteur du pays. L’eau qui jaillissait à ses pieds était pure, sacrée par la bête symbolique du pays. Le reptile se tenait assis, fier, ailes déployées. Son regard attentif se portait au loin, rêveur. Sa longue queue s’enroulait autour de lui pour finir dans le bassin remplie d’eau là où de jeunes enfants s’amusaient à s’éclabousser.
Tout autour, des personnes se rencontraient, rigolaient. D’autres enfants jouaient, courant partout entre les stands colorés.
Parmi toutes ces personnes, même des rumeurs couraient et elles allaient très vite.
« Il parait qu’une petite fille a été attaquée par des dragons !
- C’est une blague ?
- Non, j’ai même entendu dire que ces dragons se sont ensuite entretués pour savoir qui mangerait la petite fille ! »
On entendit une femme hurler non loin des deux femmes qui discutaient. Elles se retournèrent et vit la jeune femme les regardées d’un air paniqué puis partit en courant dans le sens inverse. Un grand silence régnait dans la zone où avait été entendu le cri. Des chuchotements se faisaient maintenant entendre. Beaucoup de monde les avait écoutés.
« Des dragons ? Ce n’est pas possible ! »
« Une petite fille ? Ils s’entretuaient pour la petite fille ? »
« Je n’y crois pas ! »
« On n’a pas vu de dragons depuis des années ! »
« Quelle horreur, dire de telles sottises devant les enfants ! »
« On va tous mourir !! »
Les deux femmes partirent très vite, honteuse de provoquer un tel affolement. Cependant la conversation s’oublia vite et le marché reprit peu à peu son ambiance festive et joyeuse. Un jeune garçon aux yeux noirs observait les deux femmes du haut d’une maison. Il les suivait discrètement.
« Comment étaient ces dragons ? On te la dit ?
- Oui, apparemment ils étaient bruns et aussi gros qu’une maison !
- Je le sens mal ce coup…
- Moi aussi, je ne comprends pas l’apparition de ces monstres, cela faisait tellement longtemps qu’ils n’étaient pas apparus. Pourquoi aujourd’hui ? Je crois que je vais allé en Etelnie, j’ai trop peur du malheur qui va s’abattre sur ce pays.
- Tu as raison, je viens avec toi ! Akhalia est maudit. »
Le jeune homme n’écouta pas plus la conversation. Il en avait assez entendu. Il sauta sur le toit de tuiles d’une autre maison et descendit agilement dans la rue opposée.
« Enzo ? »
Le garçon se retourna pour chercher la personne qui l’avait interpellé. Il découvrit vite une jeune femme blonde un grand sourire aux lèvres. Il s’approcha en lui rendant son sourire.
« Qu’est-ce que tu fais là Enzo ? Tu ne devrais pas être à enquêter sur les dragons en forêt comme tu le fais à longueur de journée ?
- Si, mais les dragons sont arrivés en ville. »
La jeune fille le regarda paniquée ce qui le fit rire. Elle se détendit alors aussitôt.
« Des rumeurs sur eux sont arrivés en ville. Corrigea-t-il. »
Elle lui ébouriffa ses cheveux noirs mi-longs pour se venger de s’être moquer d’elle. Enzo lui lança un regard noir, il détestait qu’on touche à ses cheveux ce qui fit rire à son tour la jeune fille. Elle adorait l’embêter car elle savait qu’il ne pouvait pas se venger après. Il n’avait pas le droit de la toucher, c’était une des nouvelles lois du roi Ernando. Tous les hommes étaient interdits de toucher une femme qui vivait encore chez ses parents, même lui prendre la main, même toucher leurs cheveux étaient interdits. Enzo n’aimait pas cette loi stupide à ces yeux mais il n’avait pas le choix car malgré ses dix-huit ans, Alice vivait encore chez ses géniteurs.
Les deux vieux adolescents se dirigèrent vers une petite place loin du marché, du bruit incessant, assourdissant. Ils s’assirent sur le bord d’une toute petite fontaine où l’eau coulait le long d’une colonne assez haute.
Fermant les yeux, la jeune blonde profita des derniers rayons de soleil de l’été tant dis qu’Enzo l’observait en souriant. Elle sentit son regard sur elle ce qui la mettait mal à l’aise. Elle n’aimait pas trop quand Enzo faisait ça.
« Je te vois Enzo.
- Je sais. Répondit-il en souriant de plus belle. Ce n’est pas de ma faute si tu es mignonne.
- Pas de la mienne non plus. Renchérit-elle en se relevant.
- Tu ne va pas me supprimer le seul pouvoir qu’il me reste sur toi.
- Non ! Rigola-t-elle. Quoique… »
La blonde gloussa de son pouvoir sur le jeune homme puis se retourna pour se rafraîchir dans la fontaine. Elle passa de l’eau sur son visage et en profita pour en boire un peu.
De son coté, Enzo regardait dans le vide. Il réfléchissait, il hésitait. Il ne savait pas s’il devait parler de ça à son amie. Il avait peur de l’inquiété même si elle le saurait tôt ou tard.
« Alice… Commença Enzo d’un air soudain sérieux. »
C’était partit, il ne pouvait plus faire marche arrière.
« Oui ? Dit-elle en se rasseyant à coté de lui.
- Il faut que tu partes.
- Quoi ? S’exclama Alice. »
Peut-être était-il trop direct ? Il se tortillait, ne sachant comment lui expliquer ce qui finalement, l’énerva.
« Va-t-en loin, très loin, va dans un autre pays, fuit ! Emmène ta famille et va-t-en ! Hurla-t-il en faisant de grands gestes.
- Mais tu es malade ! Qu’est-ce qu’il te prend ? »
Il voudrait la prendre dans ses bras, la rassurer, l’emmener loin. Mais il ne pouvait pas. Il ne pouvait même pas sortir du pays en tant que chercheur à la botte du roi. Il soupira. Il ne voulait pas lui dire la vérité, il ne voulait pas lui faire peur, l’inquiéter. Il baissa les yeux, ne voulant pas affronter ceux d’Alice.
Voyant qu’il était inquiet, cette dernière lui prit son visage dans ses mains. Enzo en profita pour sentir son parfum si enivrant et sa peau si douce. C’était rare qu’il puisse être aussi proche d’elle.
« Dis moi la vérité, s’il te plaît, Enzo. Raconte moi ce qu’il se passe… Tu as des problèmes au château ? Tu t’es encore attiré des ennuis ?
- Non…
- Alors qu’est-ce ? Demanda-t-elle d’une voix douce et rassurante. »
Il ne pouvait pas résister.
« Je ne peux pas tout te dire mais… Souffla-t-il. »
Il avait interdiction de parler de cela tant que le roi n’était pas encore sûr de ce qu’il se tramait. Il hésitait même si c’était un peu tard pour changer d’avis.
« Tu me fais peur… Avoua-t-elle en lâchant sa tête. »
Il la regarda droit dans les yeux. Il inspira longuement et se lança :
« Akhalia est condamné. »
Surprise, Alice ne dit rien. Elle avait envie de rire mais devant l’air sérieux de son ami ça aurait été du manque de respect. Devait- elle le croire ?
« Comment ça ? Qu’est-ce que tu veux dire par condamner ?
- Akhalia va être détruit, ainsi que tous ses habitants. Répondit-il en baissant la tête, honteux de sa trahison envers le roi. »
Ils restèrent un moment sans rien dire. Le silence était pesant pour Enzo. Comment allait réagir Alice ? Il était un peu sur les nerfs et plus elle attendait pour répondre, plus Enzo stressait.
« Dans combien de temps ? Demanda tout simplement Alice en brisant soudain le silence.
- Je ne sais pas. Ça peut être demain comme dans dix ans, tout au plus. »
Il attendait une nouvelle réaction mais la jeune fille n’en montrait aucune. Elle hésitait entre le rire et la panique. Ses yeux étaient vides, ne montrant aucune expression.
« Si tu insinues que le pays en est danger, ça veut dire qu’Akhal l’est aussi ? Chuchota-t-elle.
- Exactement.
- Pourtant la légende dit que ce dragon est invincible. Puis de toutes façons, jamais aucun homme n’a réussi à le toucher.
- Il ne s’agit pas d’hommes mais de monstrueuses bêtes qui sont, elles, capables de l’anéantir. »
Enzo s’attendant alors à un cri ou un hurlement dans ce cas il essaierait de la calmer de la rassurer un maximum. Il s’attendait à la peur, de la paralysie où il l’aurait une nouvelle fois aider, rassurer. Il s’attendait également à des pleurs où il l’aurait consoler, il s’attendait même juste à de la stupéfaction ou de la colère injuste envers lui.
Il s’attendait à tout.
Sauf à ça.
Alice était imprévisible, ce qui blessa Enzo profondément.

Aucune note. Soyez le premier à attribuer une note !

Ajouter un commentaire

Vous utilisez un logiciel de type AdBlock, qui bloque le service de captchas publicitaires utilisé sur ce site. Pour pouvoir envoyer votre message, désactivez Adblock.

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site

×