-Presque- Seule

Je suis extremement désolée de cet immense retard mais je ne pouvais pas faire autrement! [ Mensonge ] J'avoue j'avais beaucoup de temps mais la flemme s'en ai mélé ainsi que la fatigue >< Vous m'en voulez? Pour me faire pardonner je vous ai écrit un long et bien chiant chapitre à lire *o* Vous devriez être content xD Voilà ^^ J'vous laisse maintenant lire ce chapitre 7 !

/!\ A lire que si vous avez lu les 6 chapitres dans les archives et si vous ne les avez pas lu et que vous en avez pas envie, attendez que je les réécrive et que je les poste ! ^^ /!\

En fin de compte, c’est une fille. Une jolie petite fille d’environ huit ans avec des oreilles et une queue de renard qui me prend pour sa maman. Je suis si touchée et si contente qu’elle ne soit pas morte que je pleure de plus belle dans ses bras. Mais cette fois-ci ce sont des larmes de joie. Elle est si jolie, si innocente… Je n’ai pas envie qu’elle perde à nouveau une mère. Je me dois de rester en vie, pour elle. On reste enlacée un petit moment. On est bien jusqu’au moment où elle me dit qu’elle a faim. Je me bloque. Ca mange quoi, un renard ? Avant, c’était plus facile, je lui donnais des oiseaux, des souris, des lapins mais est-ce qu’elle va toujours aimé ça ? Va-t-elle vouloir me manger ? Après tout, je suis le repas des Khanïn. J’ai un peu peur tout à coup. Mais peut-être qu’après tout elle s’est habituée aux aliments que je lui ai donné quand elle était plus petite ? Je me lève et me dirige vers le sous-sol, là où je garde mes oiseaux attrapés avant-hier, puis en prends au vol pour le donner à ma petite protégée qui m’a suivi. Vivement que je les mange tous ces oiseaux parce qu’ils me font chier jours et nuits avec leurs piaillements incessants. J’en prends un aussi pour moi et le mange. Je suis soulagée quand je vois la petite renarde le dévorée sans se poser de questions. On retourne dans la chambre et je lui décide de lui trouver un nom. Je réfléchis longuement en la regardant jouer avec sa queue.

« Shënya, ça te plait ce prénom ? »

Elle me regarde au début étonné puis ensuite tout sourire.

« Oui ! J’aime bien ! »

Je la prends dans mes bras, heureuse.

« Alors désormais, tu t’appelleras Shënya. »

 

*

 

Je me réveille en sursaut. Il fait déjà jour car quelques rayons de soleil parviennent à entrer dans ma chambre. Je suis tout en sueur. Non pas parce qu’il fait très chaud mais parce que cette nuit, j’ai fait un mauvais rêve. Tout le village me chassait car je les dégoûtais… Ce rêve me tourmente depuis que Kînrò est possédé, d’ailleurs je ne l’ai plus revu depuis deux mois.

Deux mois déjà.

Deux mois que je m’occupe de Shënya. Elle a bien grandi et elle est devenue assez forte pour pouvoir se défendre en cas de besoin, même si elle n’égale pas la force d’un Nekhò. Elle est devenue très mignonne et elle est très gentille. Je l’ai présentée aux habitants du village le mois dernier car je ne voulais pas qu’elle reste enfermée toute sa vie dans ma maison. Les habitants ont été d’accord pour que je la garde tant qu’elle n’attire pas d’autres Khanïn. Je suis contente ! J’avais peur qu’ils la rejettent mais ils ont été compréhensifs. Je jette un coup d’œil sur le lit en face du mien. Elle dort à point fermé, elle est trop mignonne…

Je m’assois doucement et me frotte les yeux. Je ne me sens pas à l’aise aujourd’hui, je me sens toute bizarre. Mon cœur s’emballe sans aucune raison. J’en ai la tête qui tourne. Je force sur mes jambes et me mets debout difficilement. J’ai un nœud dans l’estomac et j’ai le tournis. Je vois flou mais je contourne sans trop de problèmes le grand lit de la petite renarde. Je m’approche de la salle de bain, vacillante, et me regarde dans le grand miroir aux bords en or. Appuyée sur le grand évier je remarque de grandes cernes sous mes yeux fatigués. Ceci ne m’étonne pas même si j’ai dormis plus que ce qu’il ne faut car mes lèvres, mes doigts, mes joues sont violacées. J’ai pourtant l’impression qu’il a quelque chose de plus étrange mais que je ne vois pas. Je passe de l’eau sur mon visage encore brûlant. Quand je relève la tête je remarque mon pendentif accroché à mon cou. Je ne le quitte jamais, le problème n’est pas qu’il soit là mais qu’il brille d’une façon très étrange. Sa lumière n’est pas bleue ou violette comme d’habitude mais elle est plutôt d’un rouge vif, d’un rouge sang. Je le soulève un peu pour le voir de plus près, j’ai l’impression qu’il y a quelque chose dedans… Quelque chose de vivant. Cette chose bouge, comme si elle se débat de quelque chose qui la fait souffrir… Je sens soudain mes oreilles sifflées extrêmement fort. Tellement fort que c’en ai insupportable, intenable, horriblement douloureux. Instinctivement j’arrache le trésor de mon cou et le jette le plus loin possible de moi. Il glisse sur le carrelage et se cogne contre la baignoire en céramique. Au contact du pendentif, une grande fissure apparaît le long de la baignoire blanche. Mes oreilles sifflent toujours de plus en plus fort ! Je me bouche les oreilles comme si ça allait changer quelque chose et me laisse tomber sur le sol. Ma tête cogne violemment le carrelage après mes genoux mais je n’y fais pas attention, mes oreilles me font bien trop mal ! Je crois m’être un peu assommée car je ne distingue plus rien autour de moi pendant quelques secondes. La réalité revient malgré tout très vite. J’hurle maintenant pour essayer de dissimuler le bruit incessant mais rien ne change. Le cri strident dans mes oreilles s’amplifie. J’ai l’impression d’entendre une musique beaucoup trop forte, ou peut-être un cri d’épouvante. Comme si quelqu’un hurlait de douleur dans mes oreilles. Comme si cette personne me suppliait d’arrêter qu’on lui fasse mal. Pourtant c’est lui qui me fait mal ! Le souffle coupé, je me traîne presque jusqu’à la baignoire. J’attrappe le pendentif et ne contrôle plus rien. Je deviens folle et je frappe la cause de ma douleur contre le sol aussi fort que je peux tout en hurlant pour qu’il arrête de me faire du mal. Je recommence plusieurs fois mais il ne s’arrête pas, le bruit devient encore plus fort au lieu de cesser. Le carrelage est complètement explosé mais pas le diamant. Je sens un liquide chaud coulé le long de mon cou. Je m’arrête dans ma folie, essoufflée et surprise, et passe ma main près de mon oreille droite. C’est avec affolement que je constate ma main pleine de sang. À une vitesse impressionnante, j’enchaîne plusieurs gestes que je ne prends conscience qu’une fois fait. J’ai glissé le pendentif dans ma poche, je me suis levé, j’ai couru vers mon armoire et déchiré un tee-shirt que j’ai enroulé autour de ma tête en cachant mes oreilles de puma pleines de sang et dans lesquels, j’entends toujours un bruit horriblement agressant. J’ai ensuite dévalé les escaliers et j’ai atterri dehors. Me voilà stoppé nette. Le bruit s’atténue… Il est toujours très fort mais le son diminue doucement. Prise de peur et de folie je me mets à courir comme une dératée vers la vallée. Je me transforme pour aller plus vite, pour fuir quelque chose d’étrange et dont je n’ai pas vraiment conscience...

 

*

 

J’ignore combien de temps j’ai couru et comment j’ai pu ne pas être essoufflée une seule seconde. J’ai foncé vers la grande vallée puis j’ai contourné la montagne. Je crois avoir traversé un nouveau village mais j’allais tellement vite que je ne suis vraiment pas sûre de ce que j’ai vu. Je ne sais même pas où je suis maintenant. Assise sur un rocher au sommet d’une petite falaise j’admire la vue qu’il y a sous mes yeux. Un immense champ de fleurs resplendissantes se balancent au gré du vent. Très loin, à ma gauche se dessinent de toutes petites formes pointues. Ce sont les montagnes qui dominent de très haut mon village et celui que j'ai traversé. Plus loin, devant moi, j’aperçois la ville, la capitale. Elle est immense tout en largeur qu’en hauteur. D’immenses immeubles surplombent les autres maisons plus petites. J’aimerais voir comment c’est, la ville, mais j’ai peur. Je rapproche mes jambes de mon visage que je pose sur mes genoux en soupirant. Quelque chose me dit que je dois aller là-bas. Je me sens mieux depuis que je me suis éloignée de mon village et je me sens encore mieux quand je m’imagine dans la grande ville, quand je vois les personnes qui peuvent y vivre. Dois-je retourner au village près de Shënya que j’ai laissée seule ? Dois-je recommencer une troisième fois ma vie ? C’est un peu rapide tout cela. Pourquoi suis-je partie au fait ? Pourquoi ai-je laissé Shënya ? Je me sens terriblement bête tout à coup d’avoir abandonné Shënya si brusquement… Je suis toute seule, j’ai froid, j’ai très faim et il commence déjà à faire nuit. Le soleil se couche devant moi en m’éblouissant. La ville est si loin, je ne crois pas pouvoir l’atteindre avant que la nuit soit complètement tombée. Je me lève quand même et descends la petite falaise pour atterrir au milieu des milliers de fleurs scintillantes. Je sens tout à coup une goutte d’eau sur mon visage. Je lève la tête et aperçois d’énormes nuages menaçants. Je déteste la pluie. En quelques minutes, une pluie torrentielle sabbat sur moi comme pour m’enfoncer un peu plus dans ma merde. Je cherche en vain une grotte ou un arbre sous lequel je pourrais m’abriter. Les fleurs si jolies et si douces auparavant deviennent hideuses et collantes à cause de la pluie qui devient de plus en plus forte. Mes vêtements me collent à la peau comme de grosses sangsues. Je déteste cette sensation et je haie encore plus le fait que ça me limite dans mes gestes. C’est en grognant que je continue de chercher une grotte tout en marchant dans les hautes herbes étouffées par de grandes fleurs qui se plaquent sur mes jambes trempées. Je garde mon bandeau improvisé qui écrase mes oreilles félines qui ne saignent plus car cela relève légèrement mes cheveux et évite que ceux-ci ne me gène trop, eux aussi. J’aperçois soudain une ombre dans la petite falaise que je longe. Pleine d’espoir, je cours aussi vite que je peux avec mes vêtements lourds et les herbes trop hautes vers ce que j’espère être une grotte. C’est avec joie que je constate que cette partie sombre est bien une petite grotte. J’y entre doucement. C’est juste un trou creusé dans la falaise. C’est très sombre mais rassurant malgré tout. Je m’assois à l’entrée de la grotte de façon à ne pas être touchée par la pluie. J’observe l’eau coulée devant moi avec haine et dégoût. De la même façon que Kînrò quand il a voulu me tuer. Je me mets à trembler en pensant à son regard noir envers moi. C’est comme s’il ne me connaissait plus, comme s’il avait oublié tous nos souvenirs en un claquement de doigt. Je repense alors au moment où nous étions dans la forêt, avant d’entrer dans le bâtiment de torture. Il m’avait enlacé et je l’ai repoussé. Je regrette maintenant ce geste. Je regrette de l’avoir déçu, de l’avoir refusé.

Je ressens soudain une grande fatigue. Je me sens lourde, vidée de toute énergie. Je me lève une dernière fois pour aller m’allonger au fond de la petite grotte. Ca peut paraître stupide mais je suis tellement exténuée que je n’ai même pas la force de penser. Mes yeux se ferment lentement, alourdis par la fatigue de la course que je ne ressens que maintenant, puis je pars tout doucement au pays des rêves…

 

*

 

Je suis seule, dans le néant infini. Il fait sombre mais je vois comme en plein jour. Je cours sans trop savoir pourquoi à l’opposé des gens qui me crie dessus. Je ne comprends pas ce qu’ils me disent. J’entends que ce que je veux entendre. « Reviens, reste là ! » Peut-être me disent-ils le contraire ? Je ne sais pas. Je continue de courir dans la solitude, dans le froid jusqu’à ce que je voie quelqu’un courir dans ma direction. Les cris disparaissent petit à petit jusqu’à ce que je ne les entende plus du tout. La personne devant moi est très loin mais elle arrive très vite. Je ne m’arrête pas, je ne peux pas m’arrêter, quelque chose me pousse à courir. Après quelques secondes, je discerne la personne qui vient vers moi à toute allure. C’est une jeune fille brune habillée d’un tee-shirt qui lui tombe d’une épaule. Elle porte également un grand jean bleu sale. Plus elle se rapproche, plus je vois ses yeux interrogateurs, profonds, inquiets, terrifiés. Sa bouche forme une mimique d’incompréhension. Je m’arrête tout à coup, fatiguée. La personne s’arrête également, toujours ce regard inquiétant qui me regarde intensément. Je marche doucement en sa direction et elle fait de même. Je remarque qu’elle n’a pas d’oreilles ni de queue de Nekhò mais ça ne m’étonne pas plus que ça. Me voilà à sa hauteur. Une mèche brune lui cache un œil terrifié. Sa peau a l’air si douce, si fragile. J’ai envie de la toucher. Je lève ma main en sa direction en même temps qu’elle. Cela me surprend qu’on soit si synchronisée mais je ne dis rien. Je change ma main de direction pour essayer de toucher la sienne. Tout à coup, ce n’est pas une peau douce et chaude que je rencontre mais quelque chose de dur et de très froid. Surprise, je recule vivement. La personne en face de moi réagi de la même façon. Je comprends alors que ce n’est que mon reflet dans un immense miroir. Je commence à paniquer. Où sont mes oreilles ?! Je passe la main dans mes cheveux bruns mais je ne sens rien si ce n’est deux petites formes étranges de chaque coté de ma tête. Je suis stupidement terrifiée par la disparition de mes origines de Nekhò. Je recule du grand miroir espérant qu’il va changer et me donner mon vrai reflet quand tout à coup, mon pied heurte quelque chose qui me fait basculer en arrière. C’est avec étonnement que je découvre que je suis tombée dans un liquide. Depuis le début, je marche dans un liquide chaud qui m’arrive aux chevilles. Je me relève tant bien que mal et instinctivement, je regarde mes mains pour voir si je me suis blessée. Je pousse un petit cri d’effroi quand je constate mes mains pleines de sang. Le liquide chaud est en fait un océan de sang !

Je me relève d’un coup. Il fait jour et mon souffle rapide résonne dans la petite grotte grise. Je suis pleine de transpiration et je me sens lourde. J’ai fait un mauvais rêve… Je vérifie pourtant si mes oreilles et ma queue sont là et c’est avec soulagement que je les trouve. Je me mets debout directement et sors de mon cul-de-sac. J’ai extrêmement soif, je ne peux pas rester comme ça… Le soleil n’est pas bien haut dans le ciel mais il chauffe quand même très bien. Un petit vent vient me rafraîchir le visage collant de sueur. Aucun nuage à l’horizon, la tempête est passée. Les jolies fleurs sont encore un peu humides mais ça ne me pose pas de problème. Je longe la petite falaise vers la droite ; peut-être vais-je trouver une rivière ? En tout cas je l’espère.

Au bout d’une heure de marche lente, j’entends un petit ruissellement. Assoiffée, je cours vers le bruit et découvre enfin une grande rivière ! L’eau qui tombe de la petite falaise forme une jolie cascade qui s’écrase sur les rochers trempés. Je n’hésite pas une seule seconde ; j’enlève mes vêtements collants tout en courant vers la rivière puis je saute dans celle-ci. L’eau est rafraîchissante et me fait un bien fou. Je me sens tellement bien ici que je pourrais rester des heures entières ! J’en profite pour étancher ma soif ainsi que ma faim en attrapant quelques poissons. Je fais la planche sur l’eau et admire le soleil qui grimpe lentement dans les cieux.

Après deux heures de baignade, je décide de sortir. Je récupère mes vêtements sur les hautes herbes et les remets. Je me sens bien dans cet endroit. De l’autre coté de la rivière, il y a d’immenses arbres qui font maintenant de l’ombre sur la cascade. Ils sont impressionnants mais bizarrement rassurants. L’eau si claire et la cascade si belle m’empêchent de partir. Je m’assois près de l’eau et je ferme les yeux. Le bruit de chaque goutte d’eau qui tombe fait une jolie chanson accompagnée des oiseaux qui chantent à tue-tête. Je me sens vraiment en sécurité ici… C’est en rouvrant les yeux et en baissant la tête que je vois la lumière de mon diamant sortir de ma poche. Je sors le trésor de celle-ci et l’observe bêtement. Je ne vois rien à l’intérieur pourtant je suis sûre d’y avoir vu une forme bougé quand j’étais dans ma salle de bain. J’abandonne l’idée de chercher une explication et accroche le bijoux autour de mon cou puis me baisse au dessus de l’eau pour boire quelques gorgées. Mon reflet apparaît dans la rivière et j’en profite pour remettre correctement le bandeau improvisé sur ma tête. À ce moment là, je repense à mon rêve étrange. Peut-être que ce que me montrait le miroir n’est pas faux après tout. Peut-être que j’ai été comme ça avant. Après tout, je ne me souviens de rien avant mon arrivé au village. Je secoue la tête pour éviter de me torturer l’esprit et me lève. Trop vite apparemment car j’en ai le tournis et vois flou. Je distingue tout à coup quelqu’un devant moi. Après quelques secondes je retrouve une visibilité normale et relève la tête vers la personne en face de moi.

« Je t’avais dit que je reviendrais. »

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