Etrange ? Vous avez dit étrange ?

Voilà le nouveau chapitre 3 ! =) Dites moi si vous le préferez à l'ancien mais en fait... Il ne correspond pas vraiment au 3 mais plutot au 2 enfin, j'ai tout décalé mais bon, tant pis x)

Je ne peux empêcher un petit rire en repensant à ce qui arrivé ce matin. Admirant le soleil qui se couche je soupire doucement de bien-être, de soulagement. C’était un sacré rêve tout de même. Tout avait l’air si réel ! Je m’y suis vraiment cru. Incroyable. De plus, tous les détails même les plus infimes me reviennent en mémoire. Tout porte à croire que je l’ai vraiment vécu, ce rêve. Impressionnant.

Une musique entraînante me parvient soudain dans mes oreilles félines beiges. Ils ont commencé la fête sans moi. Je rigole intérieurement. Cette fête est en mon honneur et ils la commencent sans moi. Peut-être m’appellent-ils ? Je vais les décevoir, je ne serais pas là ce soir. Peut-être juste un peu au début puis j’inventerais un mensonge crédible et fort, j’improviserais.

Perché sur l’arbre le plus haut des environs, en dehors de la forêt Interdite, j’observe les lumières du village s’allumer toutes tour à tour. Le centre est plus illuminé que les autres, là où la fête bat déjà de tout son plein. Levant la tête vers le ciel devenu si vite sombre, j’aperçois les deux lunes qui s’alignent doucement. Ce miracle n’arrive que tous les cent ans. Oui, j’ai bien dit miracle. On m’a raconté que quand elles s’alignent, elles dévoilent un pouvoir extraordinaire : celui de guérir tous les habitants de notre planète même ceux atteint de maladies incurable. Comme moi. Je ne croyais pas en ce miracle jusqu’à ce qu’il me touche. C’est magique.

Atteinte de la maladie du sang, celui-ci se raréfiait étrangement dans mes veines jusqu’à complètement disparaître et entraînant ma mort qui était prévu aujourd’hui. Le croisement des lunes était également prévu aujourd’hui et cela ma sauvé.

Je souris dans le noir de la nuit en repensant encore une fois à ma bêtise de ce matin. Sautant de ma branche pour rejoindre les personnes qui m’ont aidé à supporter cette maladie extrêmement douloureuse, je revois les images de mon réveil de ce matin.

Après avoir certifié bêtement à Kînrò qu’il était vivant, ce dernier m’a répondu aussi bêtement qu’étais mon affirmation.

« Non, je suis mort et c’est pour ça que j’arrive à te parler en ce moment. »

Sur le coup, je n’avais pas compris son ironie, persuadé que je rêvais encore et que je ne le reverrais plus jamais à mon réveil. Puis après un silence interminable j’ai enfin compris que j’étais bel et bien réveillé et que ce n’était pas un joli rêve que je faisais.

« KÎNRÒ !!! Tu es vivant ! Avais-je crié en sautant une fois de plus dans ses bras.

- Il te faut tout ce temps pour le comprendre ? Je crois que ta maladie t’a complètement asséché le cerveau.

- Tu n’es pas drôle. Avais-je répondu en me souvenant de ma maladie dont je commençais à m’en sortir. »

Je me souviens de son sourire craquant à ce moment. Il me regardait d’une étrange nostalgie, comme s’il regrettait ma guérison miraculeuse. Son regard trahissait son sourire si doux mais menteur. Déçue, je crois me souvenir avoir crié comme une hystérique mais il n’avait pas réagi, sûrement ailleurs, pensant à quelque chose vraiment fort. Tellement fort qu’il avait oublié ma présence. J’ai profité de son absence mentale pour m’habiller avec les vêtements accrochés sur la chaise en face de mon lit. Je vacillais, je ne tenais pas bien debout car ma tête me jouait des tours mais je me sentais mieux par rapport aux derniers jours passés.

Je me souviens de la forte douleur d’abord dans mes bras, sentant qu’ils se vidaient. Je ne pouvais plus les bouger, ce n’était vraiment pas pratique. Je pouvais encore marcher mais mes bras morts ne me servaient à rien. Quelques heures plus tard, c’était au tour de mes deux jambes en même temps. Celles-ci plus grandes que mes bras, elles m’ont fait beaucoup plus souffrir. J’avais l’impression que tout mon sang se concentrait dans mon cœur qui battait toujours très vite, m’essoufflant sans arrêts ce qui était faux car mon sang disparaissait, il ne se concentrait pas à un endroit précis. Il s’évaporait comme par magie. Je me souviens avoir hurlé des heures entières, toujours consciente et sentant la mort s’approché très vite. J’avais même ordonné qu’on me tue pour qu’on arrête ma souffrance mais personne n’avait voulu le faire. Cloîtrée dans mon lit, je ne pouvais rien faire. Ma seule solution était de m’étouffer avec ma propre langue. J’avais vu ça plusieurs fois dans les films alors j’avais reproduis ce que j’avais observé. Malheureusement, il y avait toujours des personnes autour de moi alors ils m’ont empêché de me tuer, sachant que les deux lunes m’aideraient. Je me vidais de mon sang très lentement et très douloureusement jusqu’au niveau du ventre. J’avais lâché un dernier hurlement de douleur, faisait souffrir psychologiquement une dernière fois mes amis avant de tomber dans l’inconscience. Je crois que c’est à ce moment là que j’ai fait ce rêve étrange, celui où je tuais de mes propres mains mon meilleur ami.

Arrivant près du village animé, je revoyais une dernière fois Kînrò en souvenir qui m’expliquait tout ce qu’il s’était passé pendant les deux jours où j’étais inconsciente. Apparemment, Julia aurait enfin avoué ses sentiments à Kînrò. D’ailleurs, à ces paroles, je ressentis une petite pointe de jalousie que je n’ai pas du tout montré.

« Ah ouais ? Et tu as répondu quoi après ? Avais-je répondu d’un ton froid et peu intéressé.

- Je lui ai proposé qu’on se mette ensemble et elle m’a dit oui. C’est incroyable, nous sommes fait l’un pour l’autre ! Vu qu’elle aussi est un tigre, nous nous comprenons mutuellement c’est génial ! Je me sens bien avec elle et… »

Je n’avais pas écouté le reste, dégoûtée qu’ils se soient mis ensemble. Cette fille est laide comme un poux, elle est stupide et elle a un rire vraiment affreux.

Pour la première fois, j’ai ressentis le sentiment de délaissement, j’avais l’impression que Kînrò allait me laisser tombé mais je me trompais car toute la journée il est resté avec moi laissant seule sa nouvelle petite amie.

« Lisa, tu es enfin là ! »

Pointant mes oreilles, je cherche d’où vient la voix qui m’a sortis de mes pensées. J’aperçois au bout d’un petit moment Farah que secoue la main de droite à gauche pour se faire remarquer. Farah c’est une bonne amie même si parfois, il faut le dire, elle est vraiment chiante. Je souris de toutes mes dents en la voyant. Je me glisse entre les personnes qui dansent pour arriver jusqu’à elle.

« J’ai cru que tu n’allais jamais venir ! Tu faisais quoi toute seule près des bois ? Me caches-tu quelque chose ? Me glisse-t-elle dans l’oreille en me donnant un coup de coude et en me lançant un clin d’œil.

- Mais non voyons, je voulais réfléchir. Me retrouver, seule sans voix qui hurle dans mon oreille sans arrêt. Dis-je en pensant à Kînrò qui me demandais sans arrêts si j’avais des vertiges ou autre. J’ai échappé de justesse à la mort je te rappelle ! »

Sans le vouloir, mon ton a été sec et un peu blessant. Au moins, elle comprendra bien que je ne faisais pas je ne sais quelle chose dans les bois.

La musique change soudain, plus rythmée, plus forte. Me voilà poussée dans tous les sens, j’essaye de résister mais rien à faire, je ne suis qu’un vulgaire objet qu’on lance à gauche à droite. Soudain je suis poussé violement vers le centre. Les personnes qui dansent forme un cercle parfait autour de moi. Chaque geste correspond à un rythme de la musique. Tout le monde est parfaitement synchronisé. Je suis émerveillée par ce qui m’arrive. Les centaines d’habitants du village dansent pour moi, chacun ayant appris par cœur tous les mouvements de la danse, chacun s’étant donné à fond pour que le spectacle soit joli à mes yeux. Même les enfants dansent parfaitement, comme des petits anges programmés pour cette danse. Ils tournent, se mélangent, se rapprochent de moi puis s’éloignent, ils sautent, lancent leur mains en l’air puis les rabaissent tournant la tête vers le ciel puis vers moi. Chaque sourire que je reçois me procure une immense joie. La première rangé du cercle s’accroupit, tête basse, puis chaque rang fait la même chose en un temps décalé. La musique se stop puis reprend quelques secondes plus tard. Ils se relèvent tous puis font un grand cercle avec leurs bras au dessus de leur tête. Je devine qu’ils imitent les lunes. Tournant sur moi-même, j’aperçois tous les visages qui me sont familiers, tout ceux qui m’ont soutenu et aidé. Je suis si heureuse que je voudrais hurler ma joie au monde entier mais je me contente de verser quelques larmes et joindre mes mains. La belle chanson se stoppe brutalement ce qui me surprend un peu puis tout le monde court en ma direction. M’attendant à ce que je sois percuté de plein fouet, je ferme les yeux attendant l’impact. Mais contre toute attente, arrivés à ma hauteur ils se stoppent tous en même temps puis des applaudissements se font entendre. Ces applaudissements, je le sais, ne sont pas pour moi car je n’ai rien fait d’héroïque mais ils sont plutôt pour tous les danseurs qui ont été parfaits. Je ne peux m’empêcher : je lâche un grand « merci » avec un grand sourire en pensant à ceux qui m’ont empêché de me tuer pendant que j’étais malade.

 

Deux heures que je suis là assise sur cette maudite chaise. J’en ai vraiment marre. Les gens mangent et dansent et je dois rester là alors que tout le monde me délaisse. Même Kînrò je n’ai pas vu de la soirée. Je me dois de rester là de plus je ne peux pas m’échapper car Coroka me jette un coup d’œil toutes les minutes. J’ai l’impression qu’elle me surveille et qu’elle ne veut pas que je m’échappe. Je soupire un grand coup quand soudain je me sens tiré en avant. C’est Farah qui m’entraîne hors du village. Rapidement, je regarde derrière moi. Coroka a disparue !

« Viens vite ! Me crie mon amie. »

Malgré sa petite taille, Farah court très vite et j’ai beaucoup de mal à suivre c’est limite si elle me traîne !

Après quelques minutes, le paysage change radicalement. Je ne suis jamais venue jusqu’ici ! Nous sommes sortis par l’arrière du village et nous avons foncé tout droit. Nous voilà dans un étrange désert. L’herbe a complètement disparue ainsi que les grands arbres verts. A la place règne de la terre sèche à des kilomètres à la ronde. Celle-ci est craquelée de partout car elle manque cruellement d’eau. Je suis impressionnée de voir ce désert car je n’ai connu jusqu’ici que la vallée et la montagne toujours verte, même en hiver. Le noir de la nuit ne m’empêche pas de voir ce paysage impressionnant à mes yeux grâce à mes yeux de félins.

On s’arrête brusquemment. Enfin elle s’arrête. Moi je continue ma course jusqu’à la cogner. Elle ne réagi même pas. Je m’excuse et m’étonne qu’elle soit figée. Elle tend son doigt vers quelque chose. Je suis du regard la direction indiquée.

« Qu’est-ce que c’est ?!

- Je ne sais pas, mais c’est là depuis ce matin. Je me promène souvent ici et c’est la première fois que je vois ce truc. »

Je m’approche doucement de l’immense mur aussi noir que l’est la nuit. Il bloque le passage  vers l’autre coté. Je lève la tête pour voir à peu près jusqu’où il va. Eh bien, il va très haut ! Impossible de grimper ni de sauter. Arrivé près du mur, je pose ma main dessus cherchant quelque chose dont je n’ai pas réellement conscience. Etrangement, mon cœur s’affole et se sert. Mon estomac se contracte, j’ai la nausée ! Tout en me tenant le ventre d’une main, je continue mon parcours le long du mur avec l’autre main. Soudain je sens quelque chose de différent. En soulevant ma main je constate un signe très étrange…

Mon dieu ! C’est exactement celui dans mon rêve chez Coroka ! Sur le livre ! Mais ce n’est pas possible ! Ce n’était qu’un rêve !! Comment aurais-je pu rêver de quelque chose qui n’existait pas encore ?!

Ne tenant plus, je me penche et vomis tout ce que je peux. Je me rends compte que le mur a une odeur très forte de pourriture ou de je ne sais quoi. C’est insupportable ! Je m’éloigne alors à toute vitesse, revenant près de Farah qui s’est elle aussi rendu compte que ça ne sent pas vraiment bon…

Arrivé à la hauteur de mon amie, je me retourne une dernière fois pour examiner rapidement le mur noir et inquiétant. Plissant les yeux pour voir plus nettement vers quelque chose d’étrange au sommet du mur, je me mets à marcher vers le village à reculons. C’est la silhouette d’une personne… D’une petite personne recourbée sur elle-même.

Sûre et certaine que c’est Coroka !

Mais qu’est-ce que c’est que tout ça ?!

Pourquoi se trouve-t-elle au sommet ?! Puis comment elle a fait pour monter ?

Sans hésiter une seconde, je délaisse mon amie et court le plus vite possible vers le village pour vérifier quelque chose. Me transformant pendant ma course pour aller plus vite, j’aperçois déjà au loin les lumières de la fête qui n’a même pas remarqué mon absence.

Je cours aussi vite que si je chassais une proie. Tous mes muscles vibrent au contact du sol que je ne touche que très rapidement. J’ai l’impression de planer au dessus du sol qui est toujours très dur. Je sens un coup de vent passé juste à coté de moi. Je reconnais Farah qui s’est transformé elle aussi et m’a dépassé très rapidement. Je rigole intérieurement, elle va s’arrêter très bientôt ; les guépards courent vite mais que pendant quelques secondes. Je l’aperçois déjà plus loin en train de reprendre son souffle. D’ici, je peux voir son regard noir qu’elle me jette. Dégoûtée que je puisse courir plus longtemps que toi ? Dis-je en la dépassant. Ses cheveux blonds s’envolent à mon passage découvrant son visage, plein de cicatrises, toujours caché par une grande mèche. Je me retourne vers le village et accélère un peu, j’espère arriver avant Coroka !

Je me suis toujours demandée pourquoi Farah a de telles cicatrises sur le front et une grosse sur sa joue droite. J’ai pensé à l’attaque de Khanïn, ces créatures mi-hommes, mi-canines. Ces chiens sont bien plus petits que nous, Nekhò. Seuls, ils ne font pas le poids contre un puissant félin mais en groupe ils peuvent facilement nous terrassé. Ils sont très rusés, puis il suffit d’un faux pas de la part du félin et s’en ai finit de lui.

Je me suis imaginé pleins de scénarios pour la petite Farah du genre : Elle se promenait dans les bois tranquillement quand soudain elle est tombée sur une horde de chiens primitifs et affamés. Elle s’est transformée mais les canins ont été plus rapides qu’elle en l’attaquant au visage, ce qui est peu probable car les canins attaquent plutôt les pattes. Voilà pourquoi ce scénario n’est pas vraiment crédible.

Ou alors elle a tout simplement été attaquée par une bête féroce inconnue. Tout est possible car ce monde est hostile quand on vit hors de la capitale. Plus de cinquante pourcent du territoire est inhabité par des êtres développé, alors qui c’est ce qu’il s’y passe là-bas…

Je ne m’étais même pas rendu compte que le sol sous mes pattes avait changé. Je m’en aperçois qu’au moment où je m’arrête brutalement. Je préfère ce type de sol ; mou et couvert d’herbe fraîche plutôt que de la terre sèche ; ça fait moins mal.

Me voilà à l’arrière du village, là on nous sommes sortis tout à l’heure. C’est étrange… Il n’y a plus personne ! Les lumières sont éteintes alors que tout à l’heure elles étaient encore allumées et on pouvait encore entendre la musique. Qu’est-ce qu’il se passe ?

Méfiante, j’entre dans le village discrètement, toujours dans la peau de puma. Tout est étrangement calme, une ambiance de mort règne ce qui m’arrache un frisson de peur.

Soudain je dresse mes oreilles au dessus de ma tête. Je crois avoir entendu quelque chose ! J’arrive près du coin de la rue où je me trouve. Il y a quelque chose derrière… Cette chose fait des bruits étranges et n’arrête pas de marcher. Je l’entends s’approcher… Prête à sauter, j’attends la chose patiemment en grognant et en montrant les dents dans le noir. J’aperçois enfin un bras noir velu et n’hésite pas une seconde ; je saute dessus. Malheureusement la bête est trop rapide et m’esquive au dernier moment. Apeurée, elle s’enfuit très vite avec un petit cri d’affolement. Je la suis en bondissant derrière elle. Cette chose mesure environ un mètre et elle est toute noire… Arrivée à sa hauteur, j’aperçois six pattes avant qu’elle n’accélère encore. Mais… ?! C’est la bête que j’ai vue dans mon rêve !! Mais ce n’est pas possible ! Comment j’aurais pu rêver d’une chose pareille ? Je ne l’avais jamais vu avant ! Je crois que je me répète. Dis-je à moi-même. J’ai dit la même chose pour le signe étrange sur le mur… Tout ceci n’a aucun sens !

Décidée de ne pas lâcher l’étrange bestiole de vu, je la suis en accélérant également. Elle tourne au dernier moment dans le virage ce qui me surprend. Je ne suis pas aussi rapide qu’elle !

Je crois qu’on arrive près de la maison de Coroka…

La chose saute par-dessus une toute petite clôture et court vers la maison de la doyenne du village. La porte est très dure pour elle, elle ne pourra pas l’ouvrir ! Elle est coincée !!

Mais elle vire à gauche au dernier moment. Je n’ai même pas le temps de réagir que j’ai déjà défoncé la porte, emportée par ma course effrénée. A cause de ma vitesse surélevée, ma course ne s’arrête pas après être entré dans la maison de force. Sonnée, je ne réalise pas vraiment ce qui m’arrive et je crois avoir défoncé une autre porte. Je sens plusieurs coins s’enfoncer dans mon dos, ma tête puis mes jambes félines. Je devine que je dévale un escalier.

Enfin, ma course s’arrête ici.

Je reprends assez vite mes esprits, je me relève et me secoue pour enlever la poussière. Même pas mal ! Je me dresse sur mes jambes maintenant humaine et regarde autour de moi…

Je ne connaissais pas cette pièce avant, je ne savais pas que Coroka avait un sous-sol qui est par ailleurs assez mal entretenu. Les pierres dans le mur retiennent la terre qui est de l’autre coté, elles ont l’air solides… Mais je n’en dirais pas autant du plafond… Il ne m’a l’air très résistant et j’ai même peur qu’il s’effondre à n’importe quel moment !

Je laisse échapper un hoquet de surprise en reconnaissant enfin l’endroit de mon rêve… Exactement pareil ! Je reconnais même le bureau dans le fond de la pièce ! Sans hésiter je m’approche rapidement de ce dernier et constate qu’il y a exactement le même bazar que dans mon étrange rêve. Les dizaines et les dizaines de feuilles éparpillées avec des signes bizarres et des créatures bizarres dessinées dessus. Je retrouve l’étrange dragon que j’avais vu ! Revenant à mon objectif premier, je cherche le livre de mon rêve. Il ne peut qu’être là.

Je le trouve enfin enfoui sous une tonne de papiers. Ce livre vieux comme le monde et aussi gros que deux dictionnaires et avec le signe sur la couverture. Je le caresse du bout des doigts. Ce signe est simple mais pourtant indescriptible.

Qu’est-ce ça veut dire ?

Pourquoi je le vois partout ?

Comment dois-je le prendre ?

Comment suis-je censée comprendre ?

J’ouvre le livre doucement, comme si j’allais mourir si je l’ouvrais brusquemment. Trois pages blanches au début puis une image. C’est une personne ne faisait dévoré par ce dragon bizarre qu’il y a sur les dessins. Je remarque que le gars qui se fait bouffer porte un collier. Mais on le voit très peu donc je n’y prête pas attention. En dessous il y a un petit texte qui explique l’image je suppose. Je ne comprends pas cette langue, ce n’est pas dans mon répertoire.

En tournant les pages, je me rends compte qu’à chaque fois il y a soit une personne –qui par ailleurs porte toujours un collier- seule, soit le dragon bizarre, soit les deux. Je ne comprends pas vraiment tout ceci, je décide alors de laisser tomber.

Je soupire.

Pourquoi suis-je venue ici au fait ? Ah, oui…

Tout correspond à mon rêve. Tout sauf… Le mur. Pour l’instant.

Je m’approche de celui où j’avais vu la brèche étrange dans mon rêve et la découvre, enfin. Comme dans mon rêve, elle ressemble étrangement au signe du livre et du mur. Je passe mon œil devant, il y a une autre petite pièce à coté.

Je trépigne. Qu’est-ce que je fais ? J’obéis à ma grande curiosité ou je rentre chez moi ?

Quelle question ! J’obéis à ma curiosité. Je passe mon doigt dans la brèche, puis deux puis trois. Peut-être que je vais réussi à agrandir le trou de cette manière ? Malheureusement, ma main entière ne passe pas et je ne voudrais pas frapper sur le mur pour qu’il s’écroule si c’est pour me casser la main. Je réfléchis un peu et regarde autour de moi. J’attrape le petit tabouret et d’un coup, je frappe de toutes mes forces le mur qui s’effondre comme un vulgaire château de cartes ! Trop facile.

Contre toute attente, il ne s’agit que d’une petite boite stupide posée sur une petite table stupide. Déçue, je m’approche tout de même de la boite pour l’examiner de plus près. Après tout, elle renferme peut-être quelque chose de génial.

Si Kînrò serait là, il m’aurait supplié de repartir et de laisser ça ici. Mais… Il n’est pas là ! Et puis il n’est pas ma mère, je n’ai pas à lui obéir. Je saisis la petite boîte en bois dans ma main gauche. Ses contours sont dorés et le signe est gravé sur le couvercle. Un mot d’une langue étrangère est gravé juste en dessous avec des lettres dorés et fait d’une écriture fine et jolie. Le bois noir fait contraste avec ce si brillant doré, je suis comme… captivée par la couleur étincelante des lettres. Je passe délicatement mes doigts sur les lettres, cherchant une signification de ce mot. « Ekamo ». Cela m’énerve, m’irrite, me gène car ce mot je le connais mais je ne me souviens plus de la signification.

Abandonnant l’idée de traduire, je décide plutôt d’ouvrir la petite boîte. Malheureusement une nouvelle odeur n’est pas loin. Une odeur que je connais. Celle de Coroka.

Paniquée, je m’approche très vite de l’escalier et tends l’oreille. Apparemment, elle ne dit rien en voyant tous les débris de porte. C’est étrange. Sait-elle que je suis là ? Aplatie contre le mur, la boîte dans la main je cherche un plan pour sortir sans me faire voir. Cette femme est étrange, elle ne m’inspire plus confiance et j’en ai maintenant peur. Je guette les bruits de pas, priant qu’elle ne vienne pas par ici. Il faut qu’elle s’éloigne pour que je puisse sortir ! Si elle m’attrape dieu seul sait ce qu’elle me fera. Je panique peut-être pour rien, elle sera peut-être juste étonné et un peu en colère de me voir ici par une heure aussi tardive mais je préfère garder en tête une méchante Coroka qui n’hésiterait pas à me tuer si elle me découvre car si je prends la première option et que je sors comme si de rien n’était et qu’en fait elle veut me tuer eh bien… C’en ai finit de moi.

D’ici, je peux entendre sa respiration calme mais étrange. Elle prend son inspiration bien longtemps après la normale. Ses poumons ne sont quand même pas gigantesques !

Pointant mon oreille gauche vers l’escalier, j’entends les pas s’approcher de ces derniers. Va-t-elle descendre ? De ma main libre, je m’étouffe pour cacher ma respiration bruyante, affolée. La lumière est éteinte, elle ne peut pas deviner que je suis là sauf si elle a une ouïe aussi fine que la mienne mais cela est presque impossible vu son âge bien avancé.

Finalement, elle se résigne à descendre et les bruits de pas s’éloignent. J’attends encore quelques secondes puis je saute dans l’escalier que je grimpe à tout vitesse. Je sors de la maison à une vitesse impressionnante pour un humain et je ne ralentis pas. Apparemment, tout le monde est aller se coucher car j’aperçois quelques lumières dans certaines maisons. Ils ont été rapides ! Je ne suis partie même pas dix minutes !

Contournant la maison de Farah qui est maintenant rentrée avec ses parents, je me dirige maintenant vers ma maison. Soulagée d’être enfin arrivée, j’entre dans la petite demeure et ferme directement la porte à clef. Je reste bloqué devant la porte un petit moment, essoufflée par ma course. Reprenant mes esprits et mon souffle, j’avance dans le couloir lentement. N’ayant pas besoin d’allumer la lumière, je me dirige vers la cuisine d’un pas pesant. Jusqu’à ce que mon pied droit s’accroche à quelque chose. N’arrivant pas à retrouver mon équilibre je tombe à plat ventre sur le sol.

« Putain… Ca m’apprendra à ne pas ranger mes affaires. Pff. Je me suis fait mal en plus, je suis douée tiens ! »

Je m’accroche au coin du mur pour me relever et allume la lumière d’un automatisme lassant. Je pose la petite boîte que je n’avais pas lâché sur le meuble de l’entrée et me retourne enfin pour voir dans quoi j’ai buté et saute de surprise en voyant un renard !

Le pauvre bébé est recroquevillé sur lui-même et me regarde d’un air apeuré. Mince ! Où est sa mère ? Elle va me tuer ! Je regarde autour de moi mais rien en vue et aucune odeur canine ne se fait sentir à part celle du renard qui gémit de peur. Comment a-t-il pu arriver là ?!

Qu’est-ce que je vais faire de lui ?!

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Commentaires (1)

1. Asaka Rolf 22/12/2009

salut, super tes trois chapitre! Me conseil tu d'attendre la sortie du 4 ou de continuer sur les vieux?( que j'ai tous lu sauf le 7)

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