Es-tu dans mon cauchemar ou est-ce la réalité ?

Voilà le nouveau chapitre 2 ! Désolée de l'attente :s J'espère qu'il va vous plaire! Il est totalement différent de la première version du chapitre 2 ^^ Donnez votre avis ! Vous péférez la première version ou celle-ci, la deuxième ?

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Ma torche me glisse des mains et se casse en touchant le sol dur et froid. Les flammes s’éteignent cédant à l’obscurité. Je suis tellement surprise que je ne bouge pas après avoir hurlé le nom de mon ami. Je reste stupidement tétanisée devant le corps pendu. La pièce est très sombre et inquiétante. Je vois à peine le corps, c’est pourquoi je m’approche doucement pour mieux le voir. Mes jambes sont comme attachés à un énorme boulet ; elles me sont lourdes et lentes comme si j’avais peur de quelque chose. Lentement, je lève ma tête vers le visage de Kînrò. A cet instant, j’oublis absolument tout ce qu’il y a autour de moi, tout mon passé, toute ma personne. J’oublis qui je suis, ce que je fais, où je vais. Malheureusement la mémoire me revient vite et je reconnais enfin son visage blanc comme la mort. Ma gorge se sert mais je n’éclate étrangement pas en sanglot. Je ne ressens pas un mal je me sens au contraire bien. Je m’en veux intérieurement de ne pas être triste mais je n’arrive pas à l’être, comme si

J’entends soudain un grognement très court qui provient du coin de la pièce qui est dans une profonde obscurité. Je n’y prête pas vraiment attention, je reporte mon regard sur mon ami. Mais, dois-je vraiment dire que c’est lui ? Son visage me parait étrange, ses yeux ouverts mais vide d’expression sont marrons alors que d’après mes souvenirs ils sont verts. Peut-être que je vois mal à cause de la pénombre ?

Tremblante, ma main s’approche du corps suspendu dans le vide et c’est en flash que je me vois faire la même chose. J’ai déjà vu ça quelque part… En ai-je rêvé ? Ma main s’accroche vivement à la cheville et soudain prise d’un spasme je tire d’un coup sec sur la corps qui s’effondre par cœur tel une poupée.

Une poupée ?

Je me penche au dessus du corps pour l’examiner de plus près. J’en étais sûre ! Ce n’est qu’un mannequin ! Me souvenant alors du grondement, je dresse mes oreilles félines et me mets sur mes gardes. Attentive à tout mouvement ou bruit, j’essaye de voir de mes yeux d’humaines si quelqu’un est dans la pièce. Inutile de me poser la question, il y a bel et bien quelqu’un dans cette pièce, ou quelque chose qui m’observe. Un autre grognement se fait soudain entendre, cette fois-ci plus long et plus prononcé. Je me retourne vivement vers le bruit et aperçois deux cercles brillants à une certaine hauteur du sol. Instinctivement je me transforme déchirant mes vêtements violement. Intérieurement, je me moque de moi-même en me disant que j’aurais pu me concentrer un peu plus pour ne pas les déchirer. Je vais être bien embêter après quand je me remettrais à l’état d’humaine.

La chose qui m’observe ne bouge pas, elle grogne juste de plus en plus fort. C’est étrange car mes yeux de puma ne parviennent pas à voir dans la pénombre pour identifier la chose. L’atmosphère est très tendue entre moi et les deux yeux jaunes qui me regardent intensément. Ce regard je le connais, il m’est familier mais je n’arrive pas à lui mettre un visage humain… Ma mémoire ne me revenant pas, je laisse tombé l’idée que je connais la chose qui m’observe. Ce n’est peut-être que mon imagination qui me joue des tours. Je préfère presque penser que c’est quelqu’un que je ne connais pas car si c’est une personne que je connais je risque de l’attaquer et lui faire mal sans me souvenir de sa forme humaine.

Mon cœur s’affole dans mon corps de poil beige. Les oreilles en arrière, je montre les crocs, sort les griffes et grogne sauvagement sur l’inconnu espérant lui faire peur. J’avance lentement vers la gauche tout en le surveillant du coin de l’œil. Les yeux clignent et se délacent vers ma droite, vers la lumière. Je m’arrête, m’apprêtant à bondir, j’attends de l’identifier pour l’attaquer. Malheureusement la chose s’arrête à la limite de la lumière des flemmes de la pièce d’à coté. Toute mon attention est portée à chacun de ses gestes que je vois maintenant un peu mieux. La chose aussi est en position d’attaque, attendant une distraction de ma part ou tout simplement que j’attaque en première. Mes muscles se contractent mais ce n’est pas pour autant que j’attaquerais en première. S’il m’attaque, je bondirais sur le coté pour ensuite revenir à lui et j’aurais l’avantage. Soudain, une partie du mur opposé s’effondre portant mon attention à celui-ci une petite seconde. Je n’ai même pas le temps de reposer mon regard sur la chose qui m’observe que je me sens projeté en arrière extrêmement violement. Mon dos s’écrase sur le mur qui s’effondre avec moi laissant paraître une autre pièce encore plus sombre. Sonnée, je ne vois pas arrivé le deuxième coup. Il m’envoie dans la pièce voisine à une vitesse surprenante. Je glisse sur le sol, me relève en même temps et m’accroche au sol pour ralentir et enfin m’arrêter. Ne voyant étrangement que très peu dans l’obscurité je fonce vers le premier mouvement. Je cours vers la chose gueule grande ouverte espérant la touchée. Malheureusement je n’arrive qu’à l’effleurer mais je comprends maintenant que c’est également un félin rapide et agile. Il était trop près du mur, et moi j’allais un peu trop vite c’est pourquoi je m’écrase contre la paroi de la pièce. Sonnée de nouveau j’essaye de reprendre vite mes esprits, énervée par ce félin plus rapide que moi. Cette fois-ci le coup a été plus violent, je n’arrive pas à me relever tout de suite. Voyant que le félin ne m’attaque pas, je prends le temps de me lever doucement. Vacillant à travers la pièce, je me cogne contre le mur pour retrouver mon équilibre. La pièce est soudain très calme. Un peu trop d’ailleurs. Seul mon souffle qui montre mon énervement brise le silence pesant. Je n’hésiterais pas à tué le félin car s’il veut ma mort, la seule chose que je peux faire pour l’empêcher de me tuer est de le tuer. Fuir un félin est impossible. Derechef, je reprends ma position prête à attaquer. J’attends patiemment qu’il vienne à moi dans le coin de la pièce cherchant par l’odeur l’individu qui essaye de me tuer. Je le sens s’approcher discrètement. Il croit pouvoir m’avoir. Je vais faire comme si je ne le sens pas. Je ferme les yeux qui me sont pour l’instant inutile et me concentre sur la position de mon ennemi. Encore un peu… Juste un peu… Je me jette alors sur ma gauche, toutes griffes dehors. Je le tiens ! Hurlant de douleur le félin renonce à se défendre et j’en profite alors pour le mordre de toutes mes forces dans le cou espérant l’étouffer. Je profite de mon avantage pour lui déchirer le dos et enfoncer ma mâchoire un peu plus dans sa gorge. Le félin essaye de se dégager mais tout ce qu’il réussi à faire est de s’arracher le cou un peu plus. Celui-ci maintenant gravement blessé, il se laisse jeté contre le mur qui s’effondre. Il tombe dans l’ombre de ce qu’il reste du mur. De l’autre coté, c’est l’extérieur et il pleut à verse. Le félin ne se relève pas. J’en conclus que j’ai gagné. Heureuse de ma victoire et soulagée d’être en vie je m’approche pour en finir avec sa misérable existence… Mais…

« Lisa arrête je t’en supplie ! »

Extrêmement surprise de reconnaître la voix de mon ami, je cherche en vain d’où vient la voix. Où est-il ?! Je me rends compte alors que le félin a disparu ! Où est-il lui aussi ?! Je me retransforme et sort du temple par le trou laisser par l’individu qui m’a attaqué. Je n’ai pas le temps de voir quoique ce soit que je me retrouve dans les bras de quelqu’un. Cette odeur… Je la connais… C’est… ! C’est l’odeur du félin ! Sans hésiter je pousse de toutes mes forces celui qui me tient dans ses bras, prête à me défendre. Mais je crois que ce ne sera pas la peine. Je reconnais enfin mon ami, Kînrò. Ses cheveux mi-longs noirs trempés à cause de la forte pluie lui cache ses yeux, m’empêchant de voir l’expression de son visage. En revanche, je remarque très bien tout le sang qui coule le long de son corps. Une grande partie de la peau de son cou est complètement arrachée ainsi que celle de son dos. L’estomac au bord des lèvres, je me retiens de vomir en portant ma main à ma bouche et en baissant les yeux. C’est alors que je me souviens que mes vêtements ont explosé à ma transformation… Je reprends la forme d’un puma instantanément, gênée que mon ami m’est vu comme ça. Je m’assois en face de lui, honteuse de l’avoir attaqué croyant que c’était mon ennemi.

Observant mes grosses pattes antérieures de puma, je remarque qu’il s’approche de moi qu’au moment où je sens sa main sur mon front trempé. Je relève les yeux doucement, faisant attention de ne pas regarder là où je l’ai grièvement blessé. Il me sourit ! Je ne sais pas comment je dois le prendre. Me pardonne-t-il ? Ou alors peut-être est-ce un sourire ironique et il est en fait très en colère ? Accroupi à mon niveau, il pose ses deux mains humaines sur mon visage félin et taché d’un peu de sang je pense. Il pose un regard sur moi gentil et pardonné. Je fais gronder le fond de me gorge pour lui faire comprendre que je ne suis pas d’accord avec lui, il ne peut pas me pardonner aussi facilement ! Ne me comprenant pas, il sourit de plus belle. Je ne peux pas parler dans ce corps ! Je le pousse gentiment avec ma tête. Déséquilibrer, il tombe assit dans la boue ce qui provoque doucement son hilarité. Que dois-je faire pour qu’il comprenne, enfin ?! Il reste assis en tailleur dans la boue et s’arrête enfin de rire. La pluie frappe trop fort sur ses blessures. Oh, je suis vraiment bête…

« C’est de ma faute, Lisa. Je comprends tout à fait que tu m’aies attaqué, après tout je t’ai fait peur et tu t’es défendue comme tout le monde aurait fait. Je voulais juste te faire une blague j’ai été idiot. Excuse-moi. »

C’est quand même moi qui lui aie fait mal c’est donc aussi en partie à cause de moi. Je m’approche de lui doucement et pose ma tête sur son torse essayant de lui faire comprendre qu’il doit se transformer pour qu’il guérisse plus vite.

« Excuse-moi mais je n’ai pas assez de force pour le faire, je suis trop fatigué. »

Peut-être est-ce un élan de colère ou de peur mais je réagis au quart de tour. Je le jette sur mon dos et court vers le village. Malheureusement le sol est glissant à cause de la pluie qui ne s’arrête toujours pas. Je glisse dans les virages mais je continue de courir, même si je patine. Il faut vite que j’arrive au village pour le soigner. Il n’a pas le droit de mourir ! C’est de ma faute je dois tout faire pour qu’il reste en vie ! Je sens ses mains se tenir de moins en moins fort à mes poils glissants. Il perd trop de sang ! Il va perdre connaissance ! Soudain, le paysage se dégage laissant place au petit ravin que j’ai escaladé pour aller plus vite tout à l’heure. Je ne peux pas passer par là car avec la pluie la pente est encore plus glissante, je risque de tout dévaler sans pouvoir m’arrêter et donc me tuer. Le corps sur mon dos se met à glisser vers ma gauche au moment où je me tourne vers la droite pour chercher un autre chemin. Je ne sais pas pourquoi, mais je ne réagis pas directement. Je vois le corps de mon ami glissé doucement vers la pente dangereuse et se met d’un coup à la dévaler à toute vitesse. Je n’hésite plus une seconde et saute dans le vide. Je n’aurais peut-être pas dû… J’atterris dans la boue sur mes pattes et me mets moi aussi à glisser. Sortant les griffes inutilement j’essaye de ralentir ma course. Je saute vers le sommet pour rattraper Kînrò. J’attrape son t-shirt déchiré dans ma gueule et essaye de remonter le plus vite possible. Je m’aide d’un tout petit arbre pour sauter et atterrir à mon point de départ. Après avoir déposer le corps inconscient j’essaye de me remettre debout mais je suis trop exténuée. Ma vision se trouble, mon cœur accélère et mes yeux se ferment doucement me laissant partir dans un rêve inconscient.

 

Seule au milieu d’une immense forêt, je marche à quatre patte sur les feuilles mortes de l’automne. Mes pattes félines écrasent ou cassent les petites branches en un petit bruit qui brise un long silence. Je reste froide, je ne sens rien, je n’entends rien, je ne vois rien. Je devine les choses. Je devine un certain danger. Je devine ma mort qui approche à pas de loups. Je devine des crocs acérés dans mon cou félin, m’empêchant de respirer. Je me laisse faire attendant patiemment ma mort.

Je reviens vite à la réalité. Celle où je suis un puma conscient et couvert de boue sèche et dure. Je secoue la tête comme pour essayer de chasser mon mauvais rêve, en vain. En me relevant difficilement et en vacillant, j’aperçois Kînrò plus loin. Maladroitement, je me mets à courir vers lui espérant qu’il est toujours en vie.

Je n’ai pas l’impression d’être vivante mais plutôt d’être un zombie cherchant à accomplir une mission coûte que coûte. Je ne suis pas maître de mes mouvements, on me contrôle. Comme une poupée, une marionnette. J’ai l’impression d’être exclu de mon propre corps tout en étant raccrochée par une corde indestructible. Il me dirige et je suis obligée de suivre. Mon cœur s’affole dans mon corps maintenant humain et il pourrait très bien s’arrêter s’il le voudrait. Ma respiration se coupe voyant mon meilleur ami inconscient. Tous mes muscles se tendent ce qui provoque de vives douleurs mais je n’ai malheureusement pas le droit de me plaindre et je ne peux pas me détendre, respirer calmement. Mes mouvements deviennent brusques, totalement incontrôlable. Des images défilent dans ma tête aussi vite que bat que mon cœur.

Je revois sa main vers moi pour m’aider à me relever. Je revois son sourire, son regard réconfortant. Je ressens son odeur quand il me prenait dans ses bras. Il n’hésitait jamais à mettre sa vie en danger pour sauver la mienne. Certes, cela ne fait que quelques moi qu’on se connaît et pourtant je suis déjà extrêmement proche de lui.

Je crois avoir perdu connaissance quelques secondes quand j’ai soulevé ses vêtements pour examiner les blessures car quand j’ai rouvert les yeux, je me suis retrouvée allongée près de lui. Reprenant vite conscience de la situation, je ne fis qu’un bond. Telle une machine, je reproduis les gestes de secours qu’on m’a répété inlassablement. Dans ma tête, je compte au même rythme que mes mains appuient sur son cœur. Une petite voix en moi me dit qu’il est déjà mort depuis longtemps pourtant je ne m’arrête pas, j’accélère même. Je garde inutilement espoir tout en hurlant son nom de toutes mes forces, comme si ça allait changer quelque chose. Mes mains tremblent en cherchant son pou sur sa gorge, mes gestes sont précipités et maladroits, il n’est pas bien positionné pour faire le massage cardiaque mais je reprends quand même mes gestes. Ma vision se trouble, mon cœur se serre et une espèce d’énorme creux se créé dans mon ventre. Il ne peut pas mourir ! Il n’a pas le droit ! Mes larmes ne s’arrêtent pas alors ma respiration le fait à leur place. Je suffoque essayant de retrouver un peu d’air. En proie à la panique, mes mouvements sont devenus trop brusques et trop secs, je vais lui exploser la cage thoracique !

Chaque regards posé sur son visage qui parait endormi me donne comme l’impression de recevoir une énorme gifle bien méritée. Je ne ressens rien d’autre que de la culpabilité, si ce n’est une vive douleur dans mon ventre et sur mes muscles trop tendus. Je m’écroule, exténuée, sur le corps de mon ami en me tenant le ventre. C’est comme si on me rongeait de l'intérieur... Ce creux dans mon ventre s’agrandit, j’ai mal… J’ai extrêmement mal ! Mes yeux tournent par la douleur trop vive. Non !

Pourquoi me fait-il tant de mal ? Pourquoi sa mort me fait tant souffrir ?! Pourquoi je n’ai pas ressentis si vive douleur quand j’ai su que je ne reverrais jamais ma famille de ma vie ? Pourquoi ai-je l’impression qu’il part en me m’enfonçant un poignard dans le ventre ?

Parce que…

J’hurle une dernière fois son nom avant de retomber dans l’inconscience.

 

Mes yeux s’ouvrent d’un coup. Ma respiration est tellement forte que quelques gémissements sortent de ma bouche. Un drap fin est posé sur mon corps nu et bouillant. Ma tête me fait souffrir malgré qu’elle soit posée sur un coussin doux et moelleux. Mes yeux sont secs, je me dois de cligner plusieurs fois des yeux pour les humidifier. Ceux-ci ne voient pas grand-chose car il fait nuit. Je reconnais un plafond dans la pénombre. Suis-je dans ma chambre ?

Je frotte mon visage de mes mains chaudes et tremblantes puis me relève doucement. La tapisserie rouge, les rideaux noirs qui volent doucement en fonction du vent qui entre en contact avec ma peau brûlante, la fenêtre ouverte et recouverte de petites décorations faites à la main, ces détails me confirment que je suis bien dans ma chambre. Comment suis-je arrivée ici ?

Soudain prise d’un petit vertige, ma tête tourne et retombe sur l’oreiller. Que s’est-il passé ? Je ne me souviens plus… Je m’étire un peu et je me rends compte que j’ai quelques courbatures, comme si j’avais passé la journée à faire une séance de musculation. Je passe la main dans mes cheveux pour les mettre sur le coté de ma tête. Ceux-ci ainsi que mes oreilles félines sont complètement trempés et collants. Nom de dieu je transpire comme un chien !

Je respire doucement essayant de calmer les battements de mon cœur affolé. Je ne me souviens vraiment de rien. J’ai beau me creuser la tête, rien ne vient. J’essaye de me souvenir  de ce que j’ai fait la journée ainsi que pour arriver dans ma chambre. Je ne me souviens pas m’être couché ici… La seule chose dont je me souviens c’est la pluie abondante.

Soudain, un craquement dans le plancher se fait entendre. Quelqu’un arrive ! Mon cœur qui s’était calmé repart à toute vitesse tel un cheval lancé dans une course. Les pas s’arrêtent devant la porte, à ma droite puis quelqu’un frappe.

« Tu es réveillée ? »

Cette voix… !

La journée magnifiquement ensoleillée et pourtant menacée par de gros nuages noirs…

Coroka et sa légende, son sous-sol, ces livres étranges, la brèche bizarre dans le mur…

La montagne, la pluie, le temple…

Le corps pendu, le félin qui veut ma mort, ma contre-attaque sauvage…

Kînrò blessé, mon affolement, sa mort…

Toutes ses images passent à une vitesse affolante devant mes yeux qui se remettent à pleurer. Le trou dans mon ventre se reforme et me fait hurler de souffrance. Pliée en deux, je ne cesse de repenser à la cause de sa mort.

La porte s’ouvre brutalement après le bruit de verres qui se cassent en mille morceaux. Deux mains se posent sur moi et m’obligent à me mettre sur le dos.

« Lisa, que se passe-t-il ? Qu’est-ce qui tu as ?! »

Mon cœur s’arrête l’espace d’une seconde. Ai-je rêvé ? Est-ce vraiment sa voix ? Est-ce vraiment lui ?

Essayant de reprendre une respiration normale, je tourne la tête vers la personne qui m’a adressée la parole.

Prise au dépourvue, je sursaute comme une malade et tombe du lit, de l’autre coté. Ai-je rêvé ? Répétais-je silencieusement. Tout en tirant le drap vers moi pour cacher mon corps, je repense à ce visage si doux et apeuré. Mes jambes tremblent, je n’arrive pas à me relever. C’est pourquoi je reste assise entre le mur et le lit contemplant ce dernier sans vraiment le voir. La personne fait le tour du lit pour revenir à moi.

« Est-ce que ça va, Lisa ? Tu as encore de la fièvre, tu es malade recouche toi ! »

Malade, moi ? Il n’a peut-être pas tord. Ma tête tourne, j’ai des vertiges une fois de plus mais je crois que cette fois-ci c’est à cause de lui. N’était-il pas mort il y a quelques minutes ?! Je l’ai pourtant vu de mes propres yeux ! Il était là, allongé dans la terre sèche et vidé de son sang. Peut-être que je rêve ? Oui, je vais me réveiller…

Je jette portant un dernier regard vers Kînrò, peut-être est-ce la dernière fois que je le vois… Celui-ci me regarde affolé et pose sa main sur mon front trempé. Enfin calmé, je lui souris et descend mon regard le long de son corps assis jusqu’à mes mains. Tremblante, ma main droite se lève vers son visage et se pose sur sa joue. Doucement, je me tourne vers lui, posant ma tête sur son torse et l’entourant de mes bras fragiles. Je le sers fort contre moi et chuchote comme si j’avais peur qu’il m’entende :

« Tu es vivant… Kînrò. »

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